Nathan Israël

Danse et dense.

Nathan Israël Hier (Juillet 2005), je répétais avec Tom Neal, Jean-Michel Guy et d'autres, [ TAÏTEUL ], spectacle évolutif et scabreux dont nous sommes les initiateurs et dont la création est prévue pour février 2006 aux Halles de Schaerbeek. En février, je jouais dans "Horizon Tröm", à Bruxelles, pièce de théâtre mise en scène par Thomas Israël. Il y a six mois de cela, je terminais les représentations de "LECIRQLE", spectacle de cirque mis en scène par Roland Shön, dans lequel je jongle, danse, porte à la banquine, chante et ne fais rien parfois. Sept mois auparavant, je jouais et créais "ALZEIMER FOR ALL", pièce écrite par Jean-Michel Guy et mise en scène par lui-même et Paola Rizza. Encore avant, en décembre 2003, je sortais du Centre National des Arts du cirque en qualité de jongleur (mais peu sont dupes, la jonglerie est un moyen parmi d'autres en mes mains pour faire ce qui doit être fait, dire ce qui doit être dit) Au printemps de cette même année, je participe en tant que danseur à "RING", spectacle créé et chorégraphié par Félix Ruquiert. En 2002, je joue et crée "Toi et Moi", performance que j'aurai la chance de reprendre dans les 3 années qui suivent (et peut-être plus, qui sait?). Je danse également sous la direction de Jordi L. Vidal dans "We are responsible for any kind of consequence", spectacle de danse créé à Bruxelles en Septembre. Avant cela, je sors de l'école nationale des arts du cirque de Rosny-sous-bois où je fis la rencontre d'une kyrielle de personnes passionnantes, bouleversantes qui me suivront un temps plus ou moins long. En 1998, je décide d'arrêter provisoirement mes études de psychologie, après l'obtention de mon DEUG, et d'entreprendre l'apprentissage de la danse et du cirque. Je passe une année merveilleuse à l'espace catastrophe de Bruxelles. La découverte de la danse est une révélation, de la scène également. Je bascule. Deux années de faculté précèdent ce bouleversement. Psychologie, philosophie, biologie, j'ai eu beau chercher et ne pas en démordre, je me sentis dans un processus sclérosé, sclérosant, bien en dessous de mes idéaux romantico-post-adolescents, de ce que je croyais être l'attitude universitaire profonde et investie. 1996, je sors de l'école "Decroly" à Bruxelles, je rêve de philosophie et d'amour du savoir. Deux ans avant cela, ma maman meurt et c'est très impudique d'écrire ça ici. Mais je suis très impudique et je considère que si je dois dire qui je suis, hé bien disons-le. Eh bien oui alors, disons-le. Je suis donc un soi-disant jongleur qui danse, qui fait le clown, qui se dit hédoniste, qui cherche du sens en tout, qui en trouve parfois, qui aime beaucoup (surtout les gens mais aussi un peu beaucoup les choses), qui se veut en guerre totale contre la connerie sous toutes ses formes et avant tout contre la mienne propre, qui adore profondément Claude Louis-Combet, Albert Cohen, la mangue, James Bowman, danser, sauter, faire des acrobaties, le kitsch, le stabat mater de Pergolèse mais aussi celui de Vivaldi, jouer, faire à manger, passer la nuit à refaire le monde, puis l'art, puis la relation, et surtout, surtout, que ça vive et si possible dans l'empathie. Mais je m'égare, revenons à nos moutons. Trois ans avant cela (et non avant ma digression), je passe de l'école primaire à l'école secondaire. Bouleversement! Quelques années encore et je me prends un réverbère en pleine tête en gagnant la course de skate-board de mon quartier. Courte victoire mais j'en garde le trophée délicatement cousu sur le menton. Encore un peu plus tôt, on m'apprend à traverser la rue. Nous approchons de la date fatidique du 4 janvier 1979, où je décide de sortir. En fantasmant que plus ou moins neuf mois avant, mon papa et ma maman me créaient lors d'une soirée à la lubricité fantasque, dans un élan de bonheur partagé, débordant, jouissif à l'extrême, dans un moment de pure éternité éphémère (oxymoron délicieux, s'il en est), ... , histoire que je parte sur de bonnes bases...